[ Fiction ] EEnE - Angst time guys
- Eddy....
- Aoutch... Oui ?
- ... Je te rappelle qu'on est là pour les Maths...
Une petite veine palpitant sur sa tempe, DoubleD pinçait la main de son voisin qui s'était subtilement posée sur son épaule pendant qu'il expliquait le problème de math à son voisin. La mine boudeuse avec un air d'angelot en fond, Eddy regarde son blondinet à lunettes en grommelant. Cela faisait environ une demi-heure que le blondinet en question tentait désespérément de faire entrer les formules dans la tête de son compagnon en vain. Il fallait dire que l'esprit de celui-ci était occupé à d'autres calculs pour une gymnastique légèrement moins intellectuelle.
- Tu arrives à calculer comment faire des bénéfices avec tes plans,
mais pas moyen de te faire apprendre une formule de mathématique, dit 2D avec une pointe de désespoir dans la voix.
- C'pas pareil. C'est plus intéressant quand on peut se faire de l'argent, répondit son compagnon avec un grand sourire.
Complètement blasé par la réponse autant que l’expression de satisfaction qu’il arborait, Edd posa le cahier sur le lit a coté de lui. Ils n’arriveraient à rien aujourd’hui, c’était sûr. Un sourire victorieux s’afficha sur le visage d’Eddy en le voyant faire, s’il n’était plus là pour les Maths, il fallait bien trouver autre chose à faire, non ? Sournoisement, il fit mine de se pencher pour poser le cahier et souffla légèrement dans le creux de son cou lui arrachant par la même un frisson peu discret suivit rapidement d’une teinte rouge sur les pommettes du blondinet. Ce dernier se retourna pour s’apprêter à dire quelque chose mais il fut contraint au silence par le meilleur moyen de faire taire une personne que devait connaître Eddy dans ce genre de situation.
Pendant ce temps, une personne qui n’avait pas mis les pieds depuis des
lustres dans la maison venait d’arriver : le grand frère déserteur.
Après un passage par la cuisine pour piquer quelque chose à manger, il
décida qu’il n’y avait rien de mieux à faire que d’aller trouver un
quelconque moyen d’ennuyer son petit, petit frère. Il avait déjà en
tête ce qu’il dirait, ca s’apparenterait sûrement à quelque chose comme
« Salut le looser, mais dis moi, t’aurais pas rapetissé par hasard ?
», enfin le genre de phrase qui énerverait avec une facilité
déconcertante son jeune frère.
Le sourire au coin des lèvres rien qu’en imaginant la réaction d’Eddy,
il ouvrit la porte de la chambre. Inutile de dire qu’il s’attendait à
voir son frère avachi sur son lit, entrain de jouer à la console ou de
chercher un moyen de se faire de l’argent, en aucun cas, il n’avait
songé qu’il le trouverait entrain d’embrasser quelqu’un. Bon, le fait
qu’il compte fleurette n’était pas surprenant en soit, et il l’aurait
volontiers charrié, si le détail le plus important du tableau n’était
pas que l’autre personne était un garçon et pas n’importe lequel,
c’était le petit blond intello et pleurnichard qui trainait toujours
chez eux. Après un léger instant de flottement, le grand frère referma
la porte et resta dos à celle-ci, essayant de remettre a peu près tout
dans l’ordre.
Complètement bloqués, les deux regards rivés sur la porte à nouveau close, il se passa quelques secondes avant que le moindre mouvement fut entamé. Soudain, Eddy se redressa d’un coup, manquant de s’étaler sur le sol et se dirigea le plus rapidement possible vers la porte pour rattraper son frère. Quant à Edd, lui avait virer au rouge tomate, et il ne savait pas mais alors vraiment pas où se mettre. Pourquoi avait-il fallut qu’il entre juste à ce moment alors qu’il y avait à peine quelques instants, ils faisaient simplement des maths ?!? Eddy, ouvrit la porte à la volée et percuta son frère, n’ayant même pas pensé qu’il serait resté planter devant la porte. Après un léger silence, le petit brun ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais il fut couér dans son élan par son frère qui avait eu le temps de réfléchir pour le coup à ce qu’il allait lui lancer à la figure.
- Désolé de t’avoir déranger avec ta blonde.
- Ouais, bah, quand on est intelligent, on frappe avant d’entrer !
- Suffis que je me barre un peu pour que tu deviennes une tapette avec le premier mec avec qui tu traines ?
- On peut savoir ce que tu fous ici ?
Le grand frère regarda les deux, alternativement. À aucun moment, son frère n’avait clairement dit ou répondu à ses accusations mais il n’avait pas besoin d’aveux signés non plus. Il en avait assez vu pour se faire sa propre opinion sur la chose. Edd, était debout et fuyait carrément son regard en faisant mine de chercher son cahier et ses livres de cours genre « on travaillait ». Une leçon, un petit rappel à l’ordre ne serait pas du luxe, mais faire quoique se soit immédiatement ne serait pas digne de lui, le maitre des plans foireux, celui dont Eddy avait tout appris. Il croisa les bras, toisant son frère avec un sourire à peine perceptible mais malgré tout présent.
- Prend quelques centimètres avant de me parler comme ça, looser.
- La ferme !
- La mère de ton pote a appelé, il faut qu’il passe à la superette pour acheter un truc et il doit rentrer tôt.
- Le téléphone a sonné... ?
- Vous deviez être trop occupés avec... vos devoirs.
L’allusion n’était absolument pas subtile mais bon, c’était on ne peut plus voulu. Eddy s’apprêta à répliquer mais 2D sortit de la chambre avec un sourire embarrassé remerciant le grand frère de lui avoir transmit le message. Il n’était pas vraiment utile d’envenimer les choses, si ça se trouve tout allait s’arranger tout seul et ça s’oublierait aussi vite que c‘était arrivé. Après quelques phrases d’une banalité affligeante échangées entre les deux amis, notre blondinet à lunettes pris congé pour aller faire la commission qu’avait, semble-t-il, demandé sa mère. Afin d’éviter toutes remarques de la part de son ainé, Eddy retourna dans sa chambre en claquant la porte et se laissa tomber sur son lit en maugréant quelques mots d’oiseaux à l’attention de la seule autre personne de la maison. D’ailleurs, la personne en question était avachi sur le divan du salon et passait quelques coups de fil à plusieurs connaissances dans le quartier, un rictus peu rassurant accroché aux lèvres. Qui sait ce qu’il préparait encore... mais son expression laissait facilement deviner que quelqu’un saurait rapidement ce qu’il en retrouvait et surement à ses dépends.
Après avoir marché sans trop regarder où il allait, Edd finit par prendre le chemin de la superette pour acheter ce que sa mère avait demandé. Bien évidemment, aucun coup de fil n’avait été passé et aucune commission n’avait été demandée, mais comment aurait-il pu le deviner ? Lorsqu’il sortit du magasin, le soleil commençait déjà à décliner dans le ciel, et à cette constatation, DoubleD décida de presser le pas pour ne pas être en retard ou inquiéter ses parents. En tournant au coin d’une rue, il percuta quelqu’un qui s’était planté immobile au milieu du chemin et se retrouva les fesses par terre, légèrement sonné par le choc.
- Excusez-moi, je ne vous avais pas vu...., dit-il en se frottant le bas du dos encore un peu étourdi.
- Tiens, tu t’es fait attendre dis moi, répliqua la personne qu’il avait bousculé avec un air franchement inquiétant
- P-pardon ? Je suis désolé, je dois y aller...
Avant qu’il n’ait eu le temps de se redresser, deux autres types étaient arrivés derrière lui et l’un d’entre eux lui prit le sachet contenant les courses des mains, sans la moindre délicatesse. Le jeune garçon tenta de récupérer ce qui lui appartenait, mais le troisième gars le bloqua en lui attrapant le bras. Mais que leur avait-il fait ? Et en plus, ils semblaient l’attendre lui... Voilà une bien étrange sensation, l’idée que le grand frère d’Eddy y était pour quelque chose lui traversa l’esprit mais il la chassa aussitôt. Ce n’était pas possible, il devenait soupçonneux et ce n’était pas une bonne chose, rien ne prouvait quoique se soit et pourtant... Mais il était hors de question qu’il se laisse faire de toute façon ! Il écrasa de toutes ses forces le pied de la personne qui retenait son bras et une fois libéré, il tenta de partir le plus rapidement possible. Malheureusement, le plus rapidement possible n’était pas aussi, rapide justement, et il fut mis à terre par celui dont il avait fait une rencontre percutante.
- Allons, ne nous fausse pas compagnie si tôt, souffla-t-il, un genou pressé au milieu du dos d’Edd pour le maintenir au sol.
- C’est vrai ça, on va te montrer ce qu’on fait aux tapettes dans ton genre, ajouta celui qui avait le sac de course dans un rire stupide.
Alors c’était ça... Il gigotait vainement pour essayer de se défaire. Pourquoi ? Pourquoi dans ce genre de situation, les rues sont toujours désespérément désertes... Les deux gars s’approchèrent, l’un frappant de manière inutile dans le vide et l’autre remontant ses manches... Son calvaire lui sembla durer une éternité, mais il ne resta pas sans rien faire, l’un de ses assaillants aurait sans nul doute un bel œil au beurre noir, seul coup qu’il put porter avant que son bras fut immobilisé dans un craquement sinistre. Rapidement, son regard se voila, le décor s’obscurcit et il perdit connaissance...
Lorsque le téléphone sonna, la table venait d’être mise et comme il était le plus proche, se fut Eddy qui répondit sous la demande non négociable de sa mère. Lorsque la voix de la mère de 2D résonna dans le combiné avec dans le fond l’annonce claire et précise d’un hôpital, il se figea. Vous savez cet instant, quand vous montez un escalier et que vous êtes persuadé qu’il reste une marche alors que ce n’est pas le cas. Cet instant, où vous avez l’impression de tomber, où votre pied se perd dans le vide, tout autour de vous semble s’arrêter et disparaître, jusqu'à ce que vous finissiez par toucher le sol. Eddy vivait en cet instant précis, une expérience similaire, son esprit chutait à l’entente de la voix numérisée de l’accueil et le contact avec le sol fut bien plus rude que n’importe quelle marche d’escalier invisible.
- Je suis vraiment désolée de déranger à une heure pareille, mais Edd vient d’être admis à l’hôpital... J’ai pensé que tu voudrais le savoir.
Il n’avait plus vraiment de voix, de toute façon, qu’aurait-il pu dire ? Sa tête s’était vidée de toutes pensées cohérentes, la seule phrase qui semblait s’être faite une place était le morceau le plus important de l’annonce de la mère de son ami. La voix de la mère d’Eddy résonnait depuis la cuisine, curieuse de savoir qui appelait. Après quelques secondes d’un silence profond, Eddy réussit enfin à mettre des mots bout à bout pour former ce qui pourrait ressembler à une phrase.
- Je vais voir, pour venir le voir enfin... J’arrive.
Il raccrocha, n’expliqua même pas la situation à sa mère et sortit. En moins de temps qu’il ne lui avait fallu pour le dire, il se rendit à l’hôpital et arriva juste derrière les deux parents de DoubleD qui discutaient avec le médecin.
- Il a une fracture au bras droit, quelques côtes qui ont cédé et de nombreuses contusions. Il n’est pas au mieux de sa forme, mais ça aurait pu être bien pire. On le garde en observation pendant une à deux semaines par sécurité, déclara-t-il cacher derrière son porte-document. Il est réveillé vous pouvez aller le voir mais essayez de ne pas y aller à plusieurs.
Comme de naturel, les parents allèrent dans la chambre en premier. Assis sur l’une de ses chaises peu confortable, Eddy patientait, balançant ses pieds, son regard fixé sur le linoléum bleu-gris du couloir. Même si physiquement, il attendait dans ce couloir, son esprit s’était égaré dans les méandres de ses pensées qui restaient peu joyeuses à ce moment. Comment 2D avait-il pu se retrouver ici, personne ne pouvait lui en vouloir à ce point... Même cet abruti de Kevin n’aurait pas été jusque là. A force de cogiter, chose qu’il fallait avouer qu’il n’avait pas l’habitude de faire, il se retrouva encore plus perdu et abattu que l’instant d’avant mais ce moment fut également celui où les parents de DoubleD sortirent de la chambre. La mère de son ami semblait au bord des larmes et avançait uniquement parce que son mari la soutenait.
Hésitant, Eddy commença d’approcher de la chambre d’où l’on pouvait entendre le bourdonnement et les « bips » des appareils. Il passa doucement sa tête par l’encadrement de la porte avec une appréhension certaine. Le blondinet était allongé dans le lit, un plâtre au niveau de l’avant bras droit et un masque pour lui faciliter la respiration. Lorsqu’il aperçut la tête dépassé de l’encadrement de la porte, celui-ci sourit. La tête basse, il entra dans la chambre et s’assit sur la chaise qui se trouvait juste à coté du lit d’Edd. Ce dernier, commença de tenter une conversation normale, avec une petite pointe d’humour histoire d’égayer un peu le tout. Il fallait dire qu’il avait déjà vu ses parents dans un état pitoyable, il voulait au moins voir Eddy sourire. Mais celui-ci le coupa dans ses efforts, le visage caché par des mèches de cheveux tombantes.
- Arrête de faire comme si ca allait !
- Mais ca va, je t’assure, avec leur truc je me sens super bien. Et
puis, je vais pouvoir apprendre des termes médicaux avec les méde...
- Ca suffit ! C’est pas vrai... Ca ne va pas...
- Eddy...
Frottant machinalement ses yeux avec le revers de sa main, le petit brun essayait de dissimuler sans grand succès ses larmes, sa voix tremblait légèrement.
- S’il te plait... Ne pleure plus...
- Je... Je ne peux pas...
De son bras valide, il prit la main d’Eddy et croisa ses doigts avec les siens. A cet instant, il détestait sa situation, parce qu’il ne pouvait rien faire pour faire cesser les larmes qui coulaient sur les joues de la personne qui devait être la plus importante pour lui. Sa main se serra un peu à cette pensée, parce que tout intelligent qu’il était, il n’était même pas capable de consoler son ami alors que lui l’avait déjà fait tant de fois. Sous l’effet des divers anesthésiants, les paupières de DoubleD se firent plus lourdes à chaque battement, et juste avant de s’endormir, il murmura de manière audible à son compagnon deux mots qui furent prononcés dans un sourire qui resta présent sur son visage endormi. Surpris, Eddy redressa la tête vers lui pour fixer un instant le visage endormi et serein avant de baisser les yeux sur la main qui serrait toujours la sienne. Il posa ses bras sur le bord du lit et y appuya sa tête, ayant la ferme intention de ne pas quitter le chevet de son blondinet. Ses larmes s’étaient calmées, et avec un mince sourire, il répondit aux dernier mots qu’il avait prononcé avec de s’endormir.
- Moi aussi... je t’aime.
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Crédits =
Image, personnages : Yami-shin et Danny Antonucci.
Idées : Yami-shin, ValentineDemon et Lirya.
Texte : Lirya
Un grand merci tout spécial pour Gabynouche qui a corriger mes fautes parce que je suis incapable de les voir toute seule ^^".
For english people =
Sorry, I up it in french and it will not translate in english by me. I'm too bad in english for that. But, if someone want to translate it, send me a note and we'll see together.